Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Association "1846"

Association "1846"

La fortification du XIXe siècle : connaître et partager

Fort du Corbeau, Plougastel-Daoulas

Encore un fort où plusieurs époques se mélangent pour former un ensemble d'autant moins lisible que Dame Nature s'est visiblement donné pour but de le transformer en temple khmer.

Démêlons.

© Géoportail
© Géoportail

© Géoportail

La pointe du Corbeau participe à la défense des mouillages de la rade de Brest depuis au moins le début du XVIIIe siècle. Une première petite batterie basse existe alors au bout de la pointe, composée d'un parapet à embrasures et d'un bâtiment regroupant corps de garde et magasin à poudre.

La position prend de l'importance lors de la réorganisation des défenses de la rade par l'ingénieur Dajot dans les années 1770, comprenant notamment la construction du fort de la pointe de l'Armorique et celui de Lanvéoc. La batterie du Corbeau est alors complétée par une redoute construite au sommet de la pointe en 1774-1775. Cette redoute, reliée à la batterie basse par des branches tombantes, améliore la défense de la position du côté de la terre. Elle accueille aussi une batterie haute de mortiers et une petite caserne. L'accès à la redoute se fait de manière assez originale depuis le bas de la position via une porte aménagée dans son fossé. Ses alentours sont aménagés en glacis.

La Révolution et le Premier XIXe siècle ne font guère plus qu'adapter le parapet de la batterie basse aux nouveaux affûts de côte en en bouchant les embrasures.

Le fort d'après un plan de 1860

Le fort d'après un plan de 1860

La porte principale du fort et l'escalier de jonction avec la redouteLa porte principale du fort et l'escalier de jonction avec la redoute

La porte principale du fort et l'escalier de jonction avec la redoute

Après 1870, le fort est profondément remanié. Il faut introduire la nouvelle artillerie lourde rayée de côte, ce qui ne va pas sans poser des difficultés dans un site étroit et escarpé. En 1880, la redoute est éventrée pour permettre la construction de l'emplacement semi-circulaire d'un unique canon de 32 cm, ainsi que deux abris voûtés. Un magasin à poudre est aménagé sur la contrescarpe. Le reste de l'armement attribué (deux canons de 32 cm, deux de 24 cm, quatre de 19 cm et deux de 16 cm) prend place au cours des années 1880 dans deux séries de batteries, au sud et au nord du fort du XVIIIe siècle.

En 1889-1890 une batterie de trois mortiers rayés de 30 cm est construite au nord-est du fort près du hameau d'Illien ar Gwenn.

Photo aérienne de l'ensemble du site en 1919. © Brest Métropole Océane

Photo aérienne de l'ensemble du site en 1919. © Brest Métropole Océane

Aperçu de la cour (bien encombrée) de la redoute et traverse double d'une batterie extérieureAperçu de la cour (bien encombrée) de la redoute et traverse double d'une batterie extérieure

Aperçu de la cour (bien encombrée) de la redoute et traverse double d'une batterie extérieure

Les derniers aménagements à la veille de la Première Guerre mondiale consistent en l'installation d'un poste de commandement de groupe de batteries à la place du canon solitaire de la redoute et la création d'un poste photo-électrique. Le projecteur est placé dans l'ancienne batterie basse, tandis que l'usine électrogène et ses annexes (citerne, magasin) viennent encombrer un peu plus l'intérieur de la pauvre redoute qui n'en demandait pas tant !

La batterie basse avec le poste de projecteurLa batterie basse avec le poste de projecteur

La batterie basse avec le poste de projecteur

Victime du déclin des positions de la rade au début du XXe siècle, le fort est progressivement désarmé avant 1914. La guerre consacre son abandon. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est occupé par les Allemands, qui ont laissé quelques fresques dans les bâtiments.

Le site a été cédé par la Défense au Conservatoire du Littoral. Il est maintenant partiellement à l'abandon.

La batterie de mortiers est propriété privée.

Sources :

Service historique de la Défense, Vincennes, archives du Génie et de l’État-major de l'Armée

Index de la fortification française 1874-1914

Non, ce n'est pas la jungle cambodgienne, c'est bien la presqu'île de Plougastel...

Non, ce n'est pas la jungle cambodgienne, c'est bien la presqu'île de Plougastel...

Partager cet article

Repost 0